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Politiques d’intégration sociale en Europe.

Italie et France: confrontation de deux cas.

di Daniela Marcheggiani*


Les sociétés modernes multiethniques et pluriculturelles sont le résultat de grandes migrations en cours encore aujourd’hui et qui, avec le temps, ont influencé la société dans de nombreux pays européens. L’Italie et la France ont été sûrement deux des nations d’Europe les plus soumises à la pression migratoire. Ces derniers ont interprété ce phénomène en partant de leurs racines les plus profondes, du concept même de l’Etat, en adoptant des politiques d’intégration adaptées aux institutions déjà existantes. La médiation culturelle adoptée durant ces années, a influencé ultérieurement le développement de la société multiethnique dans les deux pays, et s’est développée en réponse aux phénomènes migratoires.

 

Considérations générales

L’histoire de l’homme a toujours été caractérisé par les migrations de sa création jusqu’à aujourd’hui, en re-mélangeant complètement la géographie humaine de la planète, en nous faisant accéder au monde entier, ou mieux encore, en considérant notre planète comme un grand village où nous ne reconnaissons que les rues qui nous semblent principales.

Nous devons être préparés face à la société multiethnique et pluriculturelle, être capables d’en recueillir les beautés tout en étant vigilants de défendre notre «ethnie» et d’éviter de passer sur les valeurs fondamentales de notre société en utilisant des procédés d’intégration mal équilibrés et erronés.

C’est pour cette raison que le XXIème siècle s’ouvre avec la nécessité d’intégrer pacifiquement les «différents», n’importe où, à travers des politiques adaptées pour la tutelle des droits et des valeurs fondamentales de la personne humaine.

L’exigence de la médiation culturelle naît comme une propre exigence des sociétés contemporaines multiethniques et apparaît comme une possible modalité d’intégration des étrangers à l’intérieur des sociétés multiculturelles projetées dans la construction intentionnée d’une société interculturelle.

Si toutes les relations humaines se basent sur le dialogue, la communication assume un rôle fondamental, surtout lorsque les participants appartiennent à des langues et des cultures différentes et sont par conséquent plus facilement exposés à des incompréhensions et des malentendus.

Dans cette optique, la médiation culturelle s’affirme comme une forme particulière de communication étant donné la diversité des sujets intéressés.

Dans le milieu complexe des relations interethniques, la présence de personnes qui soutiennent le processus communicatif est souvent nécessaire, à travers des entretiens aussi bien de traduction linguistique que d’interprétation des sens présents dans les messages considérés culturellement divers.

Dans la mesure où l’intégration vise à un procédé de négociation réciproque entre les citoyens et les institutions, en ayant conscience de la nécessité d’intégrer les nouveaux citoyens, l’objectif de la médiation culturelle est de réorganiser les relations entre les partis pour qu’elle puisse résulter satisfaisante le plus possible à tous.

Avant d’approfondir la confrontation entre le modèle de médiation français et italien et en tirer quelques indications sur la situation actuelle des deux pays en terme de médiation culturelle, nous analyserons des données statistiques sur l’immigration et les modèles d’intégration respectifs adoptés dans les deux pays étudiés.

Le résultat qui s’est présenté après notre enquête démontre deux réalités complètement différentes. Les raisons sont multiples mais la raison fondamentale est à rechercher dans la diversité de la tradition migratoire présente dans les deux pays.

 

Tradition migratoire

Parmi tous les pays occidentaux (Etats-Unis, Nouvelle Zélande et Australie exclus), la France occupe la place la plus importante comme pays d’immigration, non seulement démographiquement mais aussi culturellement et économiquement parlant.

A partir de la deuxième moitié du XIXème siècle, la France s’est construite doucement, grâce à l’intégration de peuples de langue, de culture et de religion complètement différentes, en transformant à chaque fois la société dans laquelle ils se sont intégrés.

Aujourd’hui, en effet, la société française aurait un visage différent si elle n’avait pas été transformée par tous les apports extérieurs dérivés des immigrations : en définitive, les 43 millions d’habitants environ que la France vante, n’existeraient sûrement pas aujourd’hui sans l’immigration.

L’immigration en France est donc un élément constituant de la société car elle a joué un rôle décisif dans la construction de ce qu’est la France aujourd’hui, en marquant son histoire et en contribuant finalement à sa naissance. Au seuil de l’actuelle décennie, après 150 ans d’immigration, la présence étrangère en France atteint 7,3% de la population totale.

Même si durant ces 150 ans la violence raciale, la préférence nationale, les discriminations n’ont pas disparu, cela ne suffit pas à bloquer le phénomène d’immigration. Les immigrés sont présents et restent. Sur le territoire. Génération après génération, pas après pas, l’intégration se construit de façon conflictuelle mais elle se construit.

La première donnée de confrontation entre l’Italie et la France concerne naturellement le nombre de résidents étrangers dans chacun des deux pays.

Si la France à l’intérieur du cadre européen vient de suite après l’Allemagne, en dépassant donc de loin l’Italie et en vantant la présence d’une troisième et d’une quatrième génération d’étrangers sur son territoire, l’Italie au contraire, qui fut le pays d’émigration jusqu’à vingt ans en arrière, se trouve à la quatrième place dans l’échelle européenne en se qui concerne le nombre de résidents étrangers, après l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne.

En Italie, le phénomène de la nouvelle immigration de pays en voie de développement s’est mêlé avec la fin de la vieille émigration. A partir de la fin de la Seconde Guerre Mondiale jusqu’à la moitié des années soixante, environ 350-400 000 personnes émigrèrent de l’Italie et 150 000 environ rentrèrent de l’étranger, avec un crédit passif de 200-250 000 personnes par an. Ensuite, les émigrations ont diminué jusqu’en 1973 lorsque les immigrations sont devenues moins consistantes. Cette années là, pour la première fois dans l’histoire italienne récente, le crédit des mouvements migratoires avec l’étranger est devenu positif.

Mais il existe d’autres différences à l’intérieur de la composition même de la population immigrée : en France, la majorité des.étrangers regroupe sept ethnies différentes (portugais, algériens, maroquins, italiens, espagnols, tunisiens, turcs) qui totalisent 72% de la totalité des étrangers, tandis qu’en Italie, les origines des immigrés sont plus diversifiées et les sept nationalités les plus représentatives n’atteignent que 39% du total des immigrés présents. En effet, sont présents : maroquins, albanais, philippins, américains, tunisiens, slaves, allemands.

Le cas italien semble plutôt unique à l’intérieur des pays industrialisés et peut être comparé à celui du Danemark et de la Grande-Bretagne à l’intérieur de l’Europe, et à celui du Canada et des Etats-Unis en dehors de l’Europe.

En revanche, le cas français caractérisé par une forte concentration d’étrangers, est analogue à celui de la Belgique, du Luxembourg et de l’Autriche à l’intérieur de l’Europe, et à celui de l’Australie et de la Suisse en dehors de l’Europe.

L’analyse de l’expérience française et italienne révèle cependant des similitudes.

En particulier, nous pouvons observer que la concentration urbaine des immigrés est plus importante dans les deux pays, dans les deux capitales : Paris et Rome.

 

Politiques d’intégration

S’il est vrai que la complexité des mouvements migratoires transforme aussi profondément la réalité du pays d’accueil, cette règle vaut également pour l’Italie, mais surtout pour la France, le vieux pays de l’immigration.

Cependant, la France outre le fait d’être la mosaïque de différentes cultures, peut être comparée à un creuset où s’unissent diverses cultures. L’idée de la mosaïque rappelle en effet, un ensemble formé d’éléments divers, en contact entre eux, sans pourtant se mélanger. Le creuset au contraire, évoque une idée de fusion totale.

En réalité, la France a toujours été un pays d’immigration, même si l’Etat n’a jamais reconnu officiellement la présence d’une minorité ethnique parce qu’elle a toujours suivi un modèle d’intégration basé sur l’assimilation.

En ce qui concerne le choix des modèles d’intégration, si nous trouvons en Italie l’affirmation d’un modèle pluraliste, porté donc à l’accueil et à la valorisation des différences, en France, la politique d’intégration est certainement influencée par la conception centralisée de l’Etat, par le taux plus élevé de la présence étrangère et par l’ancienneté de l’immigration.

De plus, en Italie, l’Eglise catholique romaine accueille en son sein n’importe qui, sans distinction de race ou de religion.

Si nous ajoutons à cela l’analyse de la législation ( le modèle d’intégration de la Loi 40/98 qui affirme l’universalisme des droits mais qui reconnaît et considère une valeur pour toutes les diversités, à condition qu’elle ne soit pas en contradiction avec les valeurs fondamentales de la société d’accueil), des documents officiels, des déclarations des principes dont la société italienne veut se prévaloir, on comprend ainsi que l’Italie se rapporteau modèle pluraliste, et dans les politiques éducatives à celui de l’échange interculturel :

« Dans le Document Pragmatique du Gouvernement, l’intégration a été définie comme une acquisition progressive de citoyenneté à travers un processus de non discrimination et d’inclusion des différences, donc de contamination et d’expérimentation de nouvelles formes de rapports et de comportements, dans la tentative constante de tenir ensemble les principes universels et les particularités »

Mais il faut considérer qu’en l’Italie lorsque l’on parle d’immigrés, on se réfère à la première génération d’immigrés, ainsi, la situation même de ce point de vue est vraiment différente par rapport à la France.

L’opposition conceptuelle entre les modèles d’intégration est évidente même dans les modalités de naturalisation présentes dans les deux Etats. En Italie, est en vigueur le principe du « Ius Sanguinis », c’est-à-dire que la citoyenneté italienne est transmise par lien de sang de père en fils de nationalité italienne. En revanche, en France, est en vigueur. le principe du « Ius Solis » «(droit de sol, droit de naissance sur le territoire), c’est-à-dire que la citoyenneté française est transmise automatiquement aux enfants nés sur le territoire français, même si leurs parents ont une nationalité différente. En échange à un accès relativement facile à la citoyenneté (il suffit d’être né sur le territoire français selon le principe du jus solis). La France exige en échange de la part des étrangers une totale adhésion aux lois et aux valeurs.

Un caractère particulier de la société française qui favorise l’intégration ne réside pas dans la reconnaissance des droits particuliers pour les immigrés, mais plutôt dans l’égalité des droits fondamentaux des personnes qui vivent sur le territoire français, mis à part leur nationalité et leurs origines. L’unique lien égal pour tous est le respect des lois de la République.

Un des principes hérités de la Révolution est, en effet, que la. République est une et indivisible. La France est un pays unitaire, fondé sur l’idée et la pratique de la citoyenneté individuelle. Donc, tout se fonde sur l’individu et non sur le groupe, et l ‘égalité des individus devant la loi se pose comme fondement du pacte politique décrété par la société française à partir de 1789.

Le modèle français d’intégration se base. du point de vue de l’assimilation et donc méconnaît complètement le concept de minorité.

De tels principes sont réaffirmés par l’évolution législative en matière d’immigration et de naturalisation.

En France, la loi sur la nationalité adoptée le 16 mars 1998 (loi Guigou) a réaffirmé l’application totale du jus solis en modifiant le texte précédent Méhaignerie de 1993 qui l’avait aboli.

L’universalité des lois nationales exige l’adhésion de la part de tous les citoyens français en incluant aussi les étrangers qui ont obtenu la nationalité et en leur interdisant tout autre choix en dehors des règles fixées par la nation.

Les immigrés peuvent ainsi cultiver dans leur domaine privé, les singularités de leur culture ou tradition, vu que ces dernières ne peuvent pas être exprimées publiquement. La sphère publique, lieu/espace de la vie collective, s’oppose ainsi au domaine privé, lieu de manifestation du pluralisme et de la relativité.

Voilà pourquoi les minorités ethniques n’ont jamais été admises sur le territoire national.

Par exemple, par rapport aux immigrés musulmans, plus d’un tiers du total des immigrés vivant en France sont originaires du Maghreb et, en considérant aussi les turcs, le nombre des musulmans atteint presque les deux millions. Si en Grande-Bretagne, nation fédérale, les musulmans peuvent avoir le droit d’être reconnus comme minorités ethniques possédant des droits spécifiques, en France, une telle revendication est impossible : les immigrés qui obtiennent le statut de citoyens deviennent par conséquent des personnes assimilées à tous les autres citoyens français.

 

La médiation interculturelle en France et en Italie

Il faut justement partir sur la conception même d’Etat pour comprendre l’intégration et la médiation culturelle en France.

C’est pour cette raison que dans le cas français, les pratiques de.médiation n’ont pas un caractère complètement officiel: l’Etat se propose comme un interlocuteur unique et direct des citoyens, sans passer à travers les autres intermédiaires reconnus officiellement. En somme, la médiation semble destinée à rester une pratique empirique à laquelle ont recours les pouvoirs publics, tout en ne lui reconnaissant pas un caractère de légitimité.

Dans ces conditions, l’intégration et l’assimilation ne peuvent qu’englober le même projet, et c’est pour cette raison que l’on a donné plus d’importance à la médiation culturelle que dans les années 80, lorsque le modèle d’intégration des étrangers basé sur l’assimilation et sur le refus de la différence et de n’importe quelle forme de particularisme ( au moins en ce qui concerne la sphère publique) commença à montrer les premiers signes d’incompatibilité.

L’utilisation de la ressource étrangère dans le domaine social remonte au début des années soixante-dix..

Durant ces années-là, entre les différentes associations, nous pouvons rappeler surtout ISM (Inter Service Migrant), née en 1969, qui est encore actuellement la plus vieille agence d’interprétariat social. Cette agence créa ces années-là, la figure professionnelle connue comme « interprète linguistique-culturel » ou « agent de communication ». Ces interprètes devaient être originaires d’un pays étranger et devaient avoir vécu un processus d’intégration dans la société française.

En effet, jusqu’à la fin des années 70, le concept de médiation culturelle fut assimilé à celui de l’interprétariat social et linguistique.

En 1974, le gouvernement Chirac proclama la suspension de l’immigration qui eut comme conséquence de transformer, avec la fermeture des frontières, une immigration de type temporaire à une immigration définitive.

Même si l’immigration en France n’a jamais été un phénomène accidentel et transitoire, il semblait que l’on prenait conscience de cela seulement alors.

Nous étions dans une période de forte dépression économique avec un taux de chômage toujours plus croissant et une immigration qui montrait depuis longtemps des signes de persistance et de stabilité.

Ceci aggrava la crise déjà existante et la France des années 80 , outre le fait de faire face à une forte dépression économique et à un chômage croissant, dut faire face aussi au climat dérivant de la déception générale des valeurs fondamentales de la société qui régnait aussi bien du point de vue politique que du point de vue intellectuel. Il faut ajouter à cela que le pays s’apprêtait à vivre justement dans ces années-là à un des événements les plus importants d’après-guerre: la victoire politique de la gauche.

Parmi les premières décisions de la gauche au gouvernement, nous trouvons la promulgation de la loi du 9 octobre 1981 qui élimine tous les obstacles juridiques à la formation des associations d’immigrés. Ces associations ne tarderont pas à formuler des demandes de reconnaissance sociale et symbolique, et certains immigrés inaugureront une nouvelle fonction de « porte-parole », c’est-à-dire de médiation entre leur communauté et les institutions. L’historicité sociale de ce processus est indispensable à la compréhension du phénomène de médiation, car les médiateurs ou intermédiaires culturels en France ont été avant tout le produit et le résultat du contexte social des années 80.

A la crise du modèle d’assimilation correspond une attention nouvelle aux thématiques de la médiation qui ont leur manifestations tangibles à travers les activités du CIEMI (Centre d’Information et d’Etude sur les Migrations Internationales), qui organisa dans les années 1992 et 1996 deux séminaires sur les thèmes de la médiation interculturelle.

Le séminaire de 1992, qui eut pour titre Immigration : à la recherche des intermédiaires culturels ,contient les premières réflexions sur la médiation culturelle. C’est précisément à partir de 1992 que l’Etat, en réponse à ces phénomènes spontanés décida de reconnaître les associations, en mettant à leur disposition des ressources financières prise surtout dans la FAS (Fond d’Action Social).

Les femmes travailleront le plus dans ce secteur et c’est pour cette raison que cette forme de médiation s’est appelée femmes-relais ou parents-relais.

En 1992, même la ministre Simone Veil mit à disposition 1000 contrats d’emploi de solidarité pour les femmes-relais pour une durée de cinq ans afin de pouvoir intégrer la population immigrée.

Ainsi, même si ce type particulier d’intervention a vu le jour dans les années 80, il fut reconnu de façon institutionnelle en 1992.

Le second séminaire organisé par le CIEMI en 1996, sur le thème L’école et la médiation culturelle, avait comme objectif de rendre compte de la situation scolastique des fils des immigrés, et de considérer avec plus d’attention la pluralité des cultures qui diffèrent des cultures traditionnelles françaises.

La législation française se fonde sur le principe de l’égalité, donc l’instruction représente un droit pour tous les enfants, indépendamment de leurs origines.

La Fédération de l’Education Nationale écrit :

« Laïcité, liberté de penser, liberté d’expression constituent des valeurs universelles et peuvent contribuer à favoriser la ressemblance entre tous les jeunes gens au-delà de leurs diversités ».

Les enfants dont nous parlons sont :

« Enfants étrangers, peut-être, enfants étrangers à la société française, assurément non, et plus assurément encore, élèves français en tant qu’élèves de l’Ecole française ».

En 1990, le ministre de l’Education Nationale de l’époque, Lionel Jospin, déclara :

« L’école a une double mission, favoriser le succès scolaire de tous les élèves et contribuer à faire reconnaître l’appartenance des immigrés dans notre société ».

Si l’école a pu jouer ce rôle, c’est parce que des professeurs et des instituteurs croient en la nécessité de cette intégration sociale et culturelle, qui n’est autre que l’application de la philosophie de l’école publique : « égalité de traitement pour une égalité de chance ».

Le concept de médiation culturelle dans le domaine de l’école fait référence aux parents-relais, d’origine étrangère, qui jouent le rôle d’intermédiaires entre les élèves étrangers, leurs parents et les enseignants.

Leur rôle est avant tout celui de transmettre n’importe quel type d’information aux parents des élèves qui ne parlent pas bien encore le français ou bien qu’ils ne le parlent pas du tout.

Pour conclure, nous pouvons affirmer que, même du point de vue de l’école, le concept de médiation culturelle en France, se présente avant tout comme réponse ou solution à un désavantage qu’il faut combler.

Le tout semble se concentrer exclusivement sur la relation d’aide face aux difficultés linguistiques ou culturelles que peuvent avoir les étrangers.

En ce qui concerne l’Italie, comme pour le discours de l’immigration, celui de la médiation culturelle est beaucoup plus récent.

L’urgence commença à la fin des années 80, lorsque dans les régions du nord en particulier (à plus forte présence migratoire), une telle figure surgit comme réponse au besoin des opérateurs publics et privés, principalement dans le domaine social et sanitaire. C’est ainsi que le premier cours de formation fut réalisé à Milan en 1989/90, par l’Association Naga avec le financement du Fond Social Européen et la contribution de la Région Lombarde. Le but était celui de former un profil professionnel nouveau en Italie, qui fut une aide et une médiation justement entre les utilisateurs étrangers et les opérateurs italiens. Ce premier cours eut un caractère expérimental étant donné le manque complet d’expériences précédentes. Son but était d’adapter notre système sanitaire à la nouvelle demande de la part des immigrés et garantir en même temps le respect des droits fondamentaux, entre autre celui de la santé, garantit par la Constitution italienne à toutes les personnes présentes sur le territoire.

Successivement, la loi du 6/3/98 « Discipline de l’immigration et règles sur la condition de l’étranger » a fait référence à la figure du médiateur culturel, en définissant son rôle « d’agent/instrument pour l’intégration sociale des minorités », et aussi, le Texte Unique qui introduit et reconnaît pour la première fois la figure du médiateur culturel, « afin d’aider les rapports entre chaque administration et les étrangers appartenant aux divers groupes ethniques, nationaux, linguistiques et religieux » (art.42, c.l, lett. d).

 

Conclusion

Il est désormais évident qu’une série de facteurs socio-économiques nous entraîne inéluctablement vers une société multiethnique et pluriculturelle, au moins jusqu’à ce que nous ne réussiront pas à distribuer les ressources entre les différentes zones géographiques d’une manière plus juste et plus équilibrées pour réussir à éviter les migrations de masse entre les territoires riches et les territoires pauvres.

Notre analyse aura démontré comment les modèles d’intégration dans les deux pays sont fortement influencés par l’évolution des axes politiques et institutionnels et des dynamiques du consensus.

En outre, cet aspect résulte aujourd’hui bien évident, si l’on tient compte de l’énorme changement de la législation sur l’immigration proposé par les gouvernements de droite actuels dans les deux pays.

 

REFERENCES  BIBLIOGRAPHIQUES

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 «Migrations Société», Caritas de Rome, Novembre-Décembre 1999.

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  daniela.marcheggiani@tiscali.it

 


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